Dudswell ça vaut le détour !
Dudswell ça vaut le détour !

 

Historique de Dudswell
Vivre aujourd’hui avec les traces du temps !


 
Les origines

De 1782 à 1792, les arpenteurs du roi divisent le Buckinghamshire (les Cantons-de-l’Est d’aujourd’hui) en 95 cantons. C’est à ce moment que le canton de Dudswell reçoit son appellation. La carte géographique de Gale et Duberger, datant de 1795, témoigne alors de son existence sous cette désignation. Dudswell est proclamé officiellement en 1805. Comme tous les cantons, le nom de Dudswell est jumelé avec un petit bourg en Angleterre dont on ne connaît pas l’emplacement original. On sait seulement que la référence est d’origine britannique, soit Dudwell ou Duddleswell.

Artistes à l'oeuvre

Les pionniers

John Bishop Jr, le fondateur du canton de Dudswell, naît à New Haven au Connecticut en 1757. Après la guerre de la Conquête de la Nouvelle-France, sa famille déménage à Monkton au Vermont et commence le dur travail de pionnier. Dix-huit ans plus tard, pendant la guerre d’Indépendance des États-Unis, une puissante armée composée de Loyalistes, d’Indiens et de Britanniques attaque la région de Monkton. Plusieurs fermes sont incendiées et la plupart des animaux sont massacrés. John Bishop Jr, son père, son frère et une vingtaine de leurs compatriotes sont faits prisonniers, amenés à Québec et jetés en prison.

Après leur libération en 1783, ils retournent à Monkton pour reprendre leur vie de défricheurs. Neuf ans plus tard, soit en 1792, lorsque le gouvernement du Bas Canada ouvre le Buckinghamshire à la colonisation, John Bishop Jr, alors père de six enfants, fait parvenir au Lieutenant-gouverneur une demande de concession pour le canton de Dudswell.

En 1800, notre valeureux pionnier marche 150 milles (environ 500 Km), accompagné de sa famille et de ses associés, pour venir prendre possession de son nouveau territoire. Il choisit de s’installer autour du Lac Miroir, appelé initialement Dudswell Pound. En 1801, suite au décès de John Bishop Jr, Naphtali Bishop prend les affaires de son frère en main et obtient, après quatre années de négociations, le quart du canton et les lettres patentes qui y sont associées. Ce n’est qu’en 1855 que la municipalité de Dudswell Canton est incorporée.

Suite à l’arrivée des pionniers, de nombreux immigrants d’origines américaine, anglaise, écossaise et irlandaise viennent s’installer dans le canton de Dudswell, d’abord dans le secteur de Bishop’s Crossing (appelé aujourd’hui Bishopton) et ensuite, au début des années 1830, dans le secteur de Marbleton. Vers 1820, la découverte d’un gisement de calcaire ouvre la porte au développement économique et social de la région. La qualité du produit fait en sorte que l’extraction de la chaux s’avère une industrie rapidement rentable, ce qui incite les Canadiens français à venir s’installer dans la région de Dudswell pour travailler à la mine. Devenant de plus en plus nombreux, ceux-ci obtiennent, en 1891, la création de la paroisse catholique St-Adolphe de Dudswell actuellement située dans le secteur de Marbleton.

En février 1896, la municipalité de Marbleton est formée après avoir été détachée du canton de Dudswell. C’est au tour de Bishop’s Crossing, en 1917, de se constituer en municipalité. Elle prend le nom de Bishopton en 1936, suite à la demande de Sydney Bishop, devenu un homme d’affaires très influent et respecté dans la région. À partir de 1903, de nombreuses familles catholiques, originaires pour la plupart de la Beauce, viennent s’installer sur des terres abandonnées par les anglophones. Les registres de la paroisse catholique de Saint-Clément, située dans le secteur de Bishopton, s'ouvrent en 1822.

Les voies de communication

La rivière St-François est la première voie de communication et la route de commerce aussi bien pour les Abénakis que pour les pionniers. Il y a également le chemin Gosford, route légendaire reliant Québec à Boston, qui atteint Dudswell en 1830 pour ensuite rejoindre la ville de Sherbrooke.

En 1868, un groupe d’hommes d’affaires de Sherbrooke, appuyés par le révérend Thomas Shaw Chapman du canton de Dudswell, entreprennent la construction du chemin de fer du Québec Central. Ce chemin de fer part de Sherbrooke et après avoir traversé les cantons d’Ascot et de Westbury, sillonne à partir de 1875 ceux de Dudswell et de Weedon.

Grâce à de nouveaux capitaux et à l'aide du gouvernement de Québec, ce chemin de fer se prolonge vers la région de Thetford Mines pour finalement atteindre le village de Beauce-Jonction en 1880. Le Québec Central, après avoir acheté le chemin de fer de Lévis et Kennebec en faillite (celui qui longe la rivière Chaudière), construit les voies qui permettent de relier les deux réseaux. Le 12 mai 1881, un service régulier express est établi entre Sherbrooke et Lévis passant par Dudswell.

L’industrie locale est désormais ouverte au marché international. C’est donc grâce à ces trois voies de communication que le développement économique et social prend son essor de façon éclatante dans la région de Dudswell.

La chaux, moteur de l’économie régionale

Le développement du canton de Dudswell est imputable à la présence de minerais, particulièrement la chaux. Dans les débuts, l’écoulement de la production se fait soit par voie d’eau sur de grandes barges (rivière St-François) ou par voie terrestre à l’aide de chariots à deux roues tirés par des bœufs ou des chevaux. Entre 1876 et 1890, seulement deux compagnies produisent de la chaux à Dudswell. Leurs installations sont reliées plus tard au chemin de fer du Québec Central afin de faciliter l’écoulement de leurs produits, soit l’une en 1876 et l’autre en 1887. En 1890, les deux compagnies sont fusionnées pour former la Dominion Lime Company. Cette dernière continue de produire la précieuse chaux de Dudswell mais sous différents noms.

Avec l’évolution de cette industrie et le développement économique fulgurant qu’elle entraîne, un hameau se fonde, non loin de Marbleton. Ce village minier se nomme Lime Ridge (signifiant crête de chaux). Lime Ridge se développe rapidement avec une quarantaine de maisons, une fabrique de barils pour transporter la chaux, un hôtel, un magasin général, un moulin à scie, un moulin à farine, une forge, une école, etc. L’avènement de la technologie, doublé de la mécanisation moderne, amène la disparition graduelle de ce petit village. Conséquemment, vers la fin des années 50, les maisons sont vendues aux habitants à un prix symbolique, à condition de les déménager hors des propriétés de la compagnie. Aujourd’hui, il n’y a que le bâtiment du Centre d’interprétation de la Chaux pour témoigner de cette époque de gloire révolue. Malheureusement, Lime Ridge demeure dans l’imaginaire social et n’existe plus.

D’hier à aujourd’hui

En 1995, les deux municipalités des villages de Bishopton et Marbleton sont fusionnées avec celle du canton de Dudswell. Cette fusion donne naissance à la nouvelle municipalité de Dudswell couvrant tout le canton. Cette dernière compte aujourd’hui 1 700 habitants. En 2001, le secteur de Marbleton est nommé comme l’un des plus beaux villages du Québec par la prestigieuse Association des plus beaux villages du Québec.



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Association touristique et culturelle de Dudswell


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